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Structure d'un TOC

December 11, 2015

 

Avant-propos :

 

Cet article est le premier du blog que j'entretiendrai au gré de mon temps libre.

Pourquoi un blog ? L'idée est de diffuser publiquement mes recherches personnelles en matière de mécanique humaine. Je me permettrai donc de laisser libre cours à mes théories.

À noter que je mets soigneusement à l'épreuve chacune de mes évaluations, ce qui me conduit à des résultats concrets. Dans le cas contraire, je me garderai bien de tenir la moindre affirmation, et nous pourrons surpasser mes hypothèses autour d'un thé.

 

La structure d'un TOC :

 

De l'extérieur, on repère un schéma succint, comme suit :

1 - Une situation rappelant un souvenir stressant

2 - Pensée obsessionnelle surgissante

3 - Augmentation du stress jusqu'à la réaction ancrée comme antidote

4 - Rituel apparenté à une compulsion

 

Nous en venons ici au premier point essentiel du phénomène. Ce n'est pas le rituel - souvent repérable depuis l'extérieur - qui est compulsif. C'est la pensée surgissante qui l'est, nonobstant la difficulté que cela représente pour certains sujets à la repérer.

À bien y regarder, le TOC est une réaction phobique particulièrement identitaire

En observant sa structure profonde, le rapprochement qui suit paraît évident : c'est comme si un arachnophobe craignait de devenir une araignée ou bien craignait de se ruer dessus sans raison, pour jouer frénétiquement avec le dard de la bestiole. La méfiance se porte à l'égard, non seulement de l'objet de la projection - ici : l'araignée - et à l'égard d'une incapacité à gérer physiquement la situation, mais de surcroît à l'égard d'une incapacité à rester prévisible pour soi-même.

De l'intérieur, on peut en effet repérer une forme d'aberration commune à un grand nombre de comportements limitants, qui gâchent la vie de millions de personnes : l'intellect se trouve, d'une certaine façon, muselé par le cerveau instinctif. Instinctif car, à ce stade, nous verrons que nous avons passé le cap émotionnel d'origine. 
L'intellect ne parvient plus à imposer la raison. Les réactions rituelles sont insensées pour la logique rationnelle - celle édifiée par le neo-cortex - car elles sont une réaction de logique symbolique. Elle n'est pas sophistiquée, mais brute. 

 

À l'origine de ce schéma : une situation persistante - et une émotion originelle s'y rapportant - à laquelle l'intellect n'a pas été capable de fournir de solution efficace, à travers une décision nette et mature. Le stress perdure, qui plus est du fait que la situation problématique se répète. L'émotion - messagère du système limbique - attend une réaction intellectuelle satisfaisante qui ne vient pas. Les aires instinctives s'affolent "On attend quoi, les gars ?". Le corps est en suspens. Les nerfs s'échauffent. L'individu se tourne alors vers la création pour trouver un exutoire - au lieu d'évoluer consciemment vers un point de vue plus large. Cet exutoire semblant acceptable au départ, l'individu s'en contente voire s'en félicite - cet exutoire pouvant être artistique. Et si ce petit rituel est étrange, c'est tout de même plus vivable - au début - que le sentiment généré par la situation et ce qu'elle reflète de la maturité de l'individu en question. L'émotion est étouffée. Le cerveau suit chimiquement le processus, avant de balancer la piqûre de rappel suivante. Un peu comme un pote qui vous accorde un répit, avant de vous dire "Allez, poto, on a du boulot ! Plus tôt le projet sera rendu, plus tôt on s'achètera un nouveau costard !" Et il est clair que le pote en question en a gros de rapiécer son éternelle veste d'adolescent.

 

Là où le TOC est pernitieux, c'est qu'il donne l'impression que si l'émotion se dissipe, alors c'est que la situation est réglée. Il arrive que, la confiance opérant en l'individu, la situation extérieure se règle bel et bien. TOUTEFOIS. La confiance ne se situe pas au niveau escompté. Il y a un pont important dans les neuro-associations. Dans les faits, le système limbique a enregistré l'équation suivante : 

 

stress + rituel = confiance

 

Et, seulement ensuite :

 

problème extérieur + confiance = solution

 

La confiance est placée dans le rituel - soit au niveau comportemental, et non au niveau de l'identité même de l'individu. Cette identité, définissons-la ici comme le sentiment de capacité à produire des choix - intellectuels donc - en accord avec ses valeurs, ses envies, ses besoins. 

Puisque l'individu ne réalise pas l'existence de cette subtilité, il accepte ce schéma. Et chaque fois qu'il a l'occasion de se demander "Et si le problème venait d'ailleurs, et que je suis génial ?" et de se dire "Je suis assez intelligent pour choisir ce qui me convient, en me respectant et en respectant les autres." il réitère un rituel qui s'est rapidement inscrit comme une valeur sure. La répétition donne l'information au cerveau que cette superstition est une voie assumée.

Ne dit-on pas de la répétition qu'elle est mère de l'apprentissage ?

Ainsi, l'individu renforce cette action, qui se mue en automatisme.

 

L'automatisme n'est pas lié ici à un plaisir futile, comme le café du matin, mais à une vision et un sentiment de soi. Le désancrer tient donc à une stratégie différente.

 

Dans une phobie classique, on peut élaborer de concert deux attitudes, pour s'en dépétrer : 

- L'une pour modifier le réflexe de stress en calme ou en neutralité

- L'autre pour modifier, EN TEMPS REEL, le sentiment de raison vis-à-vis de sa phobie en tort

 

L’individu n’est pas la phobie. Elle s’empare de lui, mais il est responsable de ce fait. Sa position de victime n’incombe qu’à lui seul. S’il espère que la phobie va le quitter d’elle-même, il se trompe lourdement et n'arrange pas l’aberration. Il s’est soumis à une part de lui-même moins rationnelle, certes, mais qui a pris le relai pour que la vie continue. Intention plus que louable. C’est une réaction inconsciente qui se trouve indirectement acceptée par le neo-cortex.

 

C’est comme l’enfant qui finit par entrer de lui-même dans la poussette proposée par Maman, parce qu’il ne se sent pas les armes pour vaquer sereinement.

L’adulte accompli est, disons, un individu conscient de sa responsabilité quelque soit la situation. Conscient de ses choix et de leurs conséquences, conscient de sa philosophie personnelle et des mythes qui entretiennent les limites d’autrefois et fondent celles de demain. Un individu intègre, et de ce fait : ouvert. L’autre ne constitue plus une menace ni physique, ni mentale. L’autre représente plutôt un objet de curiosité, d’intérêt et d’évolution. Cette prise de conscience ne sert qu'à condition d'être intégrée à tout niveau.

 

Parfois, au cours d’un apprentissage, nous ressentons un feeling parfait avec une étape, et parfois une étape différente nous apparaitra moins aisée à appréhender. Pourtant, notre soif d’évolution dans cette activité nous encouragera à trouver la force mentale pour progresser coûte que coûte. Il en va de même avec la vie sociale. Alors seulement, l'individu peut dénouer la laisse autour de son cou, sortir de la poussette et remercier Maman pour ses années de zèle.

 

Seulement, "Maman" est un peu envahissante. Car, avec le temps, elle s'est forgé un rôle et a pris de mauvaises habitudes. Redoutant une influence extérieure, une atteinte à l'intégrité morale et physique, elle demeure aux trousses de l'intellect et du corps, armée de ses émotions, de ses pensées surgissantes et de ses hormones. Si l'intellect la trouve si bienveillante qu'il accepte son omni-présence, là, ce n'est plus de confiance dont il manque, mais de caractère. Le deuxième noeud du TOC, à délier. Il ne s'offre pas la pleine liberté qu'il lui est de bon droit d'affirmer. Maman, c'est des nouvelles de temps en temps, pour lui donner la possibilité mesurée et raisonnable de proposer son point de vue aux derniers évènements. Et, lorsque l'on s'affirme pleinement, on se réalise si bien que la Maman à l'intérieur n'a plus peur. On atteint une confiance encore plus grande, et une relation à soi encore plus riche et saine.

 

Une peur envahissante, ça se travaille donc au corps ! Cette commande intérieure a besoin de voir son cadre s'ouvrir. Comment ? En modifiant les associations d'idées auxquelles elle se rapporte, qui font qu'elle n'abandonne pas l'automatisme de la pensée surgissante. La peur peut être autre chose que folle et nuisible. Elle peut être observatrice attentive, expectatrice confiante et encourageante, prête à dire "Remonte en selle, gamin !". Et elle peut aussi être sujet à une remise en question. Il est possible de mener cette commande maternelle intérieure à une introspection et à une détermination d'objectif !

 

Résumons :

 

1 - Prendre conscience qu'un choix est toujours personnel et réfléchi

2 - Être conscient de sa philosophie personnelle permet d'orienter ses choix

3 - Recevoir l'éventualité d'un choix moins fructueux avec indulgence

4 - Aimer apprendre

5 - Faire taire sa mère intérieure

6 - La faire grandir

 

Le point 5 correspond à ce moment où la pensée obsessionnelle surgit. Il est utile de la voir comme la laisse ou bien la poussette. C'est à ce moment précis que l'individu a tout intérêt à affirmer son choix. Si l'individu craque, c'est qu'il a choisi de remonter dans la poussette qui le poursuit depuis Mathusalem. Même à 45 ans. C'est enfantin de sa part et ça ne rend pas service à cette part maternelle intérieure, qui ne se décide pas à sortir de sa zone de confort.

 

À ce stade, il convient de regarder la poussette et de dire à sa mère intérieure "Tu ne m'aides pas à ne plus en avoir besoin. De quoi ai-je l'air auprès des gens avec une mère qui me colle aux bask' ?" et puis "Tu peux t'offrir une occupation meilleure en me faisant confiance. Je te rendrai fière et notre rapport sera incomparablement plus heureux !"

 

Il est utile de se rendre compte que chaque fois que l'on cède à une pensée surgissante appelant un rituel ou une fuite, c'est EXACTEMENT comme tendre une cigarette à un proche qui parle sans cesse de son grand besoin d'arrêter de fumer de toute urgence. Cette dissociation est très puissante à vivre et produit des résultats profonds. On peut voir cette technique comme une mise en abyme ou une poupée russe. Une introspection dans une introspection.

 

L'équation devient enfin :

 

problème extérieur + réflexion + confiance intègre = solution

 

Et Maman peut être fière des progrès de l'être qu'elle espérait secrètement voir grandir. Elle s'offre enfin le temps d'aller se faire masser les fesses dans un institut de beauté !

 

Note bene : si vous vous emparez du téléphone pour appeler votre mère à la fin de cette lecture, c'est que vous n'avez pas bien lu l'énoncé.

 

 

 

 

 

 

 

 

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