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Recette de la pâte à Relation

March 19, 2016

© Jean-François Rauzier, Barceloneta Veduta

 

Deux grandes erreurs de communication sont au cœur d’un nombre Pi de dilemmes, de mésententes, de discordes et de séparations. Autant de fous rires – ou presque – que vivront ceux qui s’en amusent. Je vous en soumets ci-dessous les tenants observés comme majeurs, par les diverses recherches en la matière :

 

  • Manquer de précision lorsque l’on exprime ses idées

  • Préciser intérieurement l’expression incomplète d’autrui, et prendre le résultat de l’interprétation comme fidèle et sûr

 

Un exemple illustrera avec simplicité ces erreurs :

 

«  - Oh, c’est trop beau ! s’exclame une femme face à une vitrine de pâtisseries.

- Évidemment ! Tu as vu le prix ?!

- Je parle de la façon dont la vitrine a été composée !

- Ah ! Oh... C’est plutôt banal...

- Posée sur une table en fer forgé, tu veux rire ? On dirait un décor de conte de fée !

- Ah ! Je croyais que tu parlais de la disposition des pâtisseries SUR la table. Un conte de fée ? C’est une table comme chez ma grand-mère, oui... »

 

Lorsque l’on s’en tient aux toutes premières répliques des deux protagonistes, l’une commence par invoquer une généralisation au sujet de ce qu’elle regarde, en supprimant la précision que ce qui est « trop beau », l’est dans SA conception de la beauté. Qui plus est, elle omet de nommer l’objet de sa contemplation. Comme s’il était évident que son message passerait sans être corrigé par son interlocuteur, qu’il serait compris dans son sens d’origine. Quant à la personne qui lui répond, elle fait de SON jugement une idée universelle, puis saute sur le message incomplet et flou comme s’il était clair, et réagit donc à côté du sujet.

 

Ici, l’exemple n’engage que peu d’enjeu entre les deux protagonistes. Ce genre de quiproquo peut même porter à rire de confusion. Toutefois, reporté à la communication dans des situations plus délicates, ce modèle peut créer un désastre. Deux individus qui se rencontrent pour se réconcilier risquent eux aussi, dans certains cas, de prendre inconsciemment un malentendu aussi léger que celui invoqué en exemple, comme un signe catégorisant la relation dans l’impossibilité de se comprendre. Là où, dans un rapport humain différent, ils auraient ri ensemble de ce dialogue de sourds.

 

Trois solutions minimum s’offrent à chacun d’entre nous :

 

  • Être précis dans l’expression de ses idées

  • Questionner autrui afin de s’assurer d’avoir bien saisi le message

  • Prendre avec légèreté les malentendus, le temps que chacun apprenne à se montrer clair dans l’expression de ses idées

 

Les relations entre individus qui cohabitent ou collaborent souvent ensemble, sont particulièrement touchées par les nuisances possibles des erreurs de communication. Quoi de plus rapide pour le cerveau que de faire un raccourci parmi les expériences vécues ensemble, afin de poursuivre une conversation ? Une erreur aussi surprenante pour lui que de se retrouver les quatre fers en l’air sur une route calme, empruntée quotidiennement, parce qu’un vélo d’enfant a atterri en plein milieu ( Je vous suggère ici un vélo seul, avec l’enfant en sécurité, excepté si vous êtes trash). Et quoi de plus logique pour le cerveau que d’invoquer une émotion pour se défendre, face à une grossière erreur d’interprétation glissée avec aplomb dans une réplique ? Une erreur semblable à l’effet allant de la présentation d’un portrait de soi dessiné avec les pieds que tend fièrement un proche « C’est toi, tout craché ! » au film d’horreur dont l’acteur qui joue l’alien suceur de moelle n’est autre que... vous-même. À moins d’avoir signé un contrat stipulant un tarif de droit à l’image ajusté selon vos critères ( Je ne parle pas du mariage), la proposition est amusante pour une minorité de personnes – si l’on en croit les nombreux forums, films, podcasts, écrits, chansons... sur le sujet. Des « Je t’aime, moi non plus » à la place des « Je t’aime, moi aussi » que l’on retrouve un peu partout, disséminés de par le monde, jusque sur nos flacons de parfum.

 

Lorsque vous décidez de vous former à mieux communiquer, cette recette est comme une base de pâte à pizza. Il est intéressant de prendre le phénomène décrit ci-dessus comme un repère, qu’importe l’axe d’étude entrepris. Ayant étudié en profondeur les mécanismes qui sous-tendent notre relation au monde, épluchant continuellement diverses lectures et expérimentant bien des techniques et des hypothèses, cette recommandation demeure toutefois personnelle.

 

 

L'illustration est de Jean-François Rauzier, avec lequel j'ai eu la chance et le plaisir de travailler. Il est à l'origine d'un délire photographique remarquable qu'il a nommé "Hyperphoto". Ce travail minutieux consiste à photographier des bâtiments détail par détail, puis à rassembler chaque infime morceau comme pour achever un puzzle. Ajoutant des indices personnels, des abstractions, ainsi que de nombreux auto-portraits cachés, c'est un jeu pour le spectateur que de zoomer profondément dans les oeuvres monumentales à la recherche de ces cachoteries d'artistes. La série intitulée Veduta me rappelle l'expression "Chacun voit midi à sa porte" ou encore "Voir les choses de sa fenêtre", et toutes ces fois où l'on imagine sa vie dans les appartements éclairés et ouverts sur la rue...

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